La presse : optimiser pour le référencement aux dépens de la qualité ?

Selon un article publié ce matin dans le New York Times, le succès impressionnant du Huffington Post (journal d’information américain publié exclusivement sur Internet qu’AOL a racheté cette semaine pour 315 millions de dollars) survient plutôt de sa stratégie sophistiquée de référencement vis-à-vis des moteurs de recherche que de la qualité éditoriale de ses articles.

Rich Skrenta, PDG chez Blekko, un moteur de recherche, pour la presse le référencement est devenu « absolument incontournable ». Cependant ça peut devenir pour les patrons de presse une sorte de « perfusion d’héroïne » :

Au début ils avaient de très bons contenus, puis ils se sont rendus compte que plus ils les optimisent pour un meilleur référencement, plus ils gagnent de l’argent, ce qui tire vers le bas la qualité des contenus.

Grâce à ces techniques, 35% des visites sur le site du Huffington Post viendraient des résultats de recherches, contre 20% des visites sur le site de CNN, la fameuse chaîne d’information télévisée.

Les moteurs de recherche, eux, semblent prêts à lutter contre des contenus soi-disant journalistiques qui en réalité ne contiennent pas de nouvelles informations et qui sont créés exclusivement pour améliorer le référencement du site. Matt Cutts, responsable de Google Webspam, affirme que Google cherche à modifier ses algorithmes pour ne plus tenir compte des contenus en provenance de ces « fermes de contenus de basse qualité ».

Pour d’autres sites d’informations, le débat est déjà stérile car ce n’est plus le SEO/référencement des articles qui emmène de nouveaux internautes mais plutôt le SMO/l’optimisation pour les médias sociaux. Selon Lewis Dvorkin de Forbes :

A mon avis, l’heure de gloire du référencement est passé. Aujourd’hui les lecteurs dépendent beaucoup plus du filtre collègues/amis que des résultats de recherches.